
Hommage à Eric Rohmer
dernière mise à jour : 12/11/2008
« L’ambition du cinéaste moderne, et qui fut aussi la mienne, est d’être l’auteur à part entière de son œuvre, en assumant la tâche traditionnellement dévolue au scénariste. (…) Être le maître absolu de son sujet, pouvoir y retrancher et y ajouter selon l’inspiration ou les nécessités du moment, sans avoir de compte à rendre à personne, cela vous grise, mais cela vous paralyse aussi : cette fatalité est un piège. » Arrivé au cinéma par les chemins détournés de la critique et longtemps resté dans l’ombre des Truffaut et Godard, Eric Rohmer n’en développe pas pour autant un projet moins ambitieux que celui de ses camarades de la Nouvelle Vague. Réel et imaginaire, objectivité et subjectivité, chez Rohmer l’univers est dual. Au monde strictement objectif de la réalité décrit par la caméra s’ajoute toujours un monde subjectif, construit imaginairement par le personnage central. L’être humain n’est pas une caméra. Il ne voit le monde que reflété par sa conscience, déformé par sa subjectivité ; deux mondes qui se heurtent et se confrontent. « Je me sens absolument libre en tant que cinéaste et je tiens à le rester. Je veux éviter de me laisser piéger par le succès. » Un peu à la manière d’un Woody Allen, Éric Rohmer réalise avec une régularité créatrice et une constance dans l’inspiration à nul autre pareille des petits chefs-d’œuvre applaudis par un public fidèle et une critique unanime. Cependant, à l’évidence, l’homme entend s’effacer derrière le cinéaste et laisser son œuvre s’exprimer pour lui : "Au fond, je ne dis pas, je montre, je montre des gens qui agissent et parlent. C’est tout ce que je sais faire, mais là est mon vrai propos". C’est à ce style si particulier entre profondeur, raffinement et légèreté, que l’Institut Français de Barcelone rendra hommage du 6 octobre au 11 novembre, en projetant quelques-uns des films les plus emblématiques d’Éric Rohmer.
Lundi 6, 20h30 et mardi 7 octobre, 21hMa nuit chez Maud d’Éric Rohmer France, 1969 − 1h50 Interprétation : Jean-Louis Trintignant, Françoise Fabian, Marie-Christine Barrault Un ingénieur goûtant le calme d’une ville de province éprouve une très grande attirance pour une jeune femme indépendante mais n’ose pas l’accoster. Troisième de la série des Six contes moraux, Ma nuit chez Maud est un film sur la confrontation des êtres à la réalité plurielle. |
Lundi 13, 20h30 et mardi 14 octobre, 21hPauline à la plage d’Éric Rohmer France, 1983 − 1h34 Interprétation : Arielle Dombasle, Amanda Langlet, Pascal Greggory Marion, qui vient de divorcer, et sa jeune cousine, Pauline, vont passer la fin de l’été dans la villa familiale de Granville. Marion y retrouve par hasard Pierre, un flirt de jeunesse, qui lui présente Henry, l’un de ses amis. Tandis que Pauline découvre les jeux de l’amour, Marion, fascinée par Henry, tente de le séduire. |
Lundi 20, 20h30 et mardi 21 octobre, 21hLe Genou de Claire d’Éric Rohmer France, 1970 − 1h45 Interprétation : Jean-Claude Brialy, Aurora Cornu, Fabrice Luchini. Attaché d’ambassade à Stockholm, Jérôme revient en France pour vendre la propriété familiale. Grâce à Aurora, une amie romancière, il rencontre Laura, une lycéenne. Celle-ci tombe immédiatement sous le charme de Jérôme, ce qu’Aurora s’empresse d’aller lui répéter le lendemain. |
Lundi 27, 20h30 et mardi 28 octobre, 21hLe Beau mariage d’Éric Rohmer France, 1982 − 1h37 Interprétation : André Dussollier, Arielle Dombasle, Béatrice Romand Après une rupture froidement décidée, une jeune étudiante se résout à faire "un beau mariage". Par l’intermédiaire d’un ami, elle rencontre un homme très attirant mais fort attaché à son célibat. |
Lundi 3, 20h30 et mardi 4 novembre, 21h : COURTS-MÉTRAGESCharlotte et son steak d’Éric Rohmer France, 1960 − 11’ Interprétation : Jean-Luc Godard, Stéphane Audran, Anna Karina Walter accompagne Clara à la gare en même temps qu’il donne rendez-vous à Charlotte. Il s’invite chez elle dans l’espoir de l’embrasser, mais celle-ci n’a que faire de lui. |
La Carrière de Suzanned’Éric Rohmer France, 1963 − 52’ Interprétation : Catherine See, Philippe Buzen, Christian Charrière Dans ce deuxième conte moral, Rohmer nous fait partager la vie de quelques étudiants qui courtisent une même personne qui, elle, épouse un homme plus accompli. |
La Boulangère de Monceaud’Éric Rohmer France, 1962 − 26’ Interprétation : Barbet Schroeder, Claudine Soubrier, Michèle Girardon Première histoire de la célèbre suite des Six Contes moraux, La Boulangère de Monceau raconte l’histoire d’un étudiant qui en poursuivant une jeune femme de ses assiduités rentre régulièrement dans une boulangerie et finit par donner rendez-vous à l’appétissante boulangère. |
Nadja à Parisd’Éric Rohmer France, 1964 − 13’ Interprète : Nadja Tesich Nadja à Paris est l’un des premiers films de la Nouvelle Vague française et livre les impressions de Nadja, jeune yougoslave naturalisée américaine, sur les différents quartiers de Paris. |
Lundi 10, 20h30 et mardi 11 novembre, 21hL’Ami de mon amie d’Éric Rohmer France, 1987 − 1h42 Interprétation : Sophie Renoir, Emmanuelle Chaulet, Eric Viellard Suivant le proverbe "les amis de mes amis sont mes amis", ce dernier exemple de Comédies et Proverbes d’Eric Rohmer conte les aventures sentimentales croisées d’un groupe de jeunes gens dans le cadre de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise. |
Les films seront projetés en v.o.s.e.
Entrée 1 séance : 2 € – Abonnement 10 séances : 15 €
Entrée libre pour les étudiants de l’Institut et les usagers de la Médiathèque
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